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Que faire à La Réunion : le guide terrain, au-delà de la carte postale

La Réunion, on la résume à deux images : le Piton de la Fournaise en éruption et le lagon de l’Ermitage. Savoir que faire à La Réunion commence pourtant par un arbitrage simple. L’île fait 63 km de long pour 2 512 km², et on change de monde toutes les heures de voiture : 3 070 m au Piton des Neiges, des coulées de lave encore chaudes à l’est, un lagon sous réserve marine à l’ouest. Voici ce qu’on garde, ce qu’on zappe, et combien ça coûte vraiment.

En Résumé :

  • Le volcan : le Piton de la Fournaise (2 632 m) se monte à pied depuis le Pas de Bellecombe. 11,6 à 12,5 km, 500 à 650 m de dénivelé, 5 h à 5 h 30 aller-retour.
  • Les cirques : Mafate, Cilaos et Salazie sont inscrits à l’UNESCO depuis 2010. Mafate n’a aucune route : on y entre à pied ou en hélicoptère.
  • Le lagon : l’Ermitage-les-Bains pour le sable blanc et le snorkeling, Étang-Salé pour le sable noir, Saint-Leu pour le spot de surf et Kélonia.
  • Les tunnels de lave : la coulée de 2004 se visite sous la Route des Laves, à Sainte-Rose, uniquement avec un guide (3 à 4 h).
  • La randonnée : environ 1 000 km de sentiers balisés, dont le GR R2 qui traverse l’île. Les gîtes se réservent des semaines à l’avance.
  • La culture : maloya (UNESCO 2009), séga, kabar. Le 20 décembre commémore l’abolition de l’esclavage de 1848.
  • Quand partir : de mai à novembre, en saison sèche australe. Saison cyclonique du 15 novembre au 30 avril.
  • Budget : 120 à 180 € par jour et par personne tout compris, voiture de location incluse.
  • Durée : 10 à 12 jours pour en voir l’essentiel sans courir.

Le Piton de la Fournaise : monter sur un volcan qui fume encore

C’est l’un des volcans les plus actifs de la planète, avec une éruption en moyenne tous les neuf mois à un an, le plus souvent dans l’Enclos Fouqué. La montée se fait depuis le Pas de Bellecombe (2 311 m), au bout de la route forestière du Volcan, côté Bourg-Murat.

Pas de Bellecombe : la randonnée de référence

On commence par descendre dans l’Enclos par un escalier taillé dans la falaise – 100 m de dénivelé avalés d’un coup, qu’il faut remonter à la fin, souvent avec la fatigue. C’est le vrai test de la journée.

Le repère qui compte : 11,6 à 12,5 km, 500 à 650 m de dénivelé positif, 5 h à 5 h 30 aller-retour jusqu’au cratère Dolomieu. Le sentier est balisé par des marques blanches sur la roche, il n’y a aucun point d’eau, et le brouillard tombe souvent en début d’après-midi. Partez avant 9 h.

Version courte si la météo se bouche : le cratère Kapor, environ 1 h aller-retour. C’est déjà du volcan plein les yeux.

Un réflexe : consultez la page volcan de la préfecture de La Réunion avant de monter. En alerte éruption, l’accès à l’Enclos est fermé, point.

Les tunnels de lave de la coulée 2004

À l’est, la N2 traverse le Grand Brûlé et passe littéralement sous la coulée de 2004. Sous le bitume, il reste un tube de lave creux, où l’on entre à pied avec un guide.

Comptez 3 à 4 h de visite, rendez-vous au parking de la Vierge au Parasol à Sainte-Rose. Quelques passages se font courbé, parfois à quatre pattes sur quelques mètres. L’activité est déconseillée aux personnes cardiaques, respiratoires, aux genoux fragiles et aux femmes enceintes. Les groupes sont limités à 10 personnes, la plupart des opérateurs acceptent les enfants à partir de 5-6 ans.

À emporter : chaussures fermées, pantalon, k-way et une tenue de rechange. On ressort souvent humide. Les sorties sont annulées en alerte éruption ou en vigilance orange fortes pluies.

Sur la Route des Laves, ne ratez pas l’église Notre-Dame-des-Laves à Sainte-Rose : la coulée de 1977 s’est arrêtée à ses marches.

Les trois cirques UNESCO : Mafate, Cilaos, Salazie

Les trois cirques appartiennent au site « Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion », inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010. Mais ils ne se visitent pas du tout de la même façon.

Mafate : le cirque où les voitures n’existent pas

C’est l’argument unique de l’île. Pas de route, pas de ligne électrique : environ 700 habitants répartis dans une dizaine d’îlets (La Nouvelle, Marla, Îlet à Bourse, Roche Plate). On y entre à pied ou en hélicoptère.

Deux accès classiques : depuis le Col des Bœufs (Salazie) pour rejoindre La Nouvelle en 2 h 30 – 3 h, ou depuis le Maïdo pour descendre à Roche Plate en 4 h 30 – 5 h. Prévoyez au minimum une nuit, deux c’est mieux – Mafate se mérite lentement.

Les gîtes sont simples, corrects, et comptez 20 à 25 € la nuit par personne. Il y a du dénivelé, du caillou, et pas de bagage roulant : portez votre sac.

Cilaos : le cirque accessible, le plus pratique

La route depuis Saint-Louis, ce sont 35 km et environ 400 virages, soit 1 h 30 de conduite. Faites-la de jour, avec le plein et sans passager sensible au mal des transports.

Cilaos sert surtout de camp de base : c’est le départ du Piton des Neiges. Sur place, les thermes, la Roche Merveilleuse, les lentilles du coin et le vin de Cilaos à goûter au caveau.

Salazie : le plus vert, le plus facile

Cirque le plus arrosé, donc le plus luxuriant, et le seul qui se parcourt confortablement en voiture depuis Saint-André. Hell-Bourg est classé parmi les Plus Beaux Villages de France, avec ses cases créoles. À voir : la cascade du Voile de la Mariée et le belvédère du Trou de Fer, à 1 h de marche, qui surplombe une cascade de 250 m.

Notre arbitrage : une nuit à Cilaos + une à deux nuits dans Mafate plutôt que trois villages d’affilée.

Plages et littoral : sable noir, lagon et zones interdites

Ici, un point à comprendre avant tout : on ne se baigne pas partout à La Réunion. Depuis les attaques de requins des années 2010, un arrêté préfectoral interdit la baignade et les activités nautiques hors des zones autorisées sur une grande partie de la côte ouest et sud. Lagon ou rien.

  • L’Ermitage-les-Bains : sable blanc, lagon peu profond, filaos. On est dans la réserve naturelle marine créée en 2007, qui couvre 35 km de côte. Masque et tuba efficaces à 50 m du bord.
  • Saint-Leu : plage de ville, lagon, spot de surf à gauche, et Kélonia, l’observatoire des tortues marines. Bon compromis si vous voulez dîner en terrasse après la baignade.
  • Étang-Salé-les-Bains : la plage de sable noir, adossée à la forêt de filaos. Spectaculaire, mais fond qui descend vite et courant marqué : restez dans la zone surveillée.
  • Boucan Canot, La Saline, Trou d’Eau, Roches Noires : surveillance en saison. Regardez les drapeaux avant de poser la serviette.
  • La côte est : pas de lagon, des falaises et des coulées qui finissent dans l’océan. À admirer, pas à nager.
  • Baleines à bosse : de juin à septembre au large de l’ouest. Sortie de 2 h 30 à 3 h avec un opérateur agréé.

Randonnée : les sentiers qui justifient le voyage

La Réunion, c’est environ 1 000 km de sentiers balisés. Trois classiques, très différents :

  • Le Piton des Neiges (3 070 m), point culminant de l’océan Indien. Le plus souvent en deux jours, avec une nuit au gîte de la Caverne Dufour (2 478 m). Environ 5 h de montée et 1 700 m de dénivelé positif le premier jour, sommet à l’aube le lendemain.
  • Le GR R2, qui traverse l’île du nord au sud et enchaîne les cirques. Comptez 8 à 12 jours de marche.
  • La Roche Écrite (2 276 m), au-dessus de Saint-Denis. Montée raide, et la récompense : le tuit-tuit, oiseau endémique qu’il ne reste que quelques dizaines de couples.

Trois règles qui évitent les mauvaises surprises : partez tôt (les ravines montent en vingt minutes après une pluie), dormez en gîte (le bivouac est interdit dans le cœur du Parc national), et réservez vos nuits avant de partir. Les topos détaillés sont sur randopitons.re.

Culture créole : maloya, kabar et cari

Le maloya, patrimoine de l’humanité

Inscrit sur la liste représentative de l’UNESCO en 2009, le maloya est né dans les plantations. Roulèr, kayamb, piker, triangle : la rythmique est reconnaissable entre mille. Écoutez Danyèl Waro, Firmin Viry ou Christine Salem. Le séga, plus rapide, est la version dansante ; le kabar, la veillée où l’on chante ensemble.

Le 20 décembre, fête de la Liberté, commémore l’abolition de l’esclavage de 1848. C’est la grande date de l’année réunionnaise : maloya, pique-niques et cabri massalé.

Quoi manger, et où

Le cari n’est pas un curry indien : c’est une viande ou un poisson mijoté à l’ail, oignon, gingembre et curcuma, servi avec riz, grains et brèdes. 12 à 16 € en restaurant créole.

Le reste du répertoire : rougail saucisse, civet zourite (poulpe), boucané, achards, poulet au massalé. Côté snacks : samoussas, bonbons piment, bouchons.

Pour les fruits, le letchi arrive en novembre-décembre ; l’ananas Victoria et la mangue tiennent l’été austral. Côté verre, la bière Dodo tourne autour de 3 €, et le rhum arrangé se commande partout.

Deux adresses qui valent le détour : le marché de Saint-Paul, le vendredi matin, et la coopérative de vanille de Bras-Panon.

Infos pratiques : quand partir, budget, voiture, sécurité

Quand partir

  • Hiver austral (mai à novembre) : sec, 18-26 °C sur les côtes, 10-15 °C dans les hauts. La bonne saison pour randonner.
  • Été austral (décembre à avril) : chaud, humide, et c’est aussi la saison cyclonique, officiellement du 15 novembre au 30 avril. La côte est prend des pluies violentes.

Nos mois préférés : mai, octobre et novembre. Juillet-août, c’est la haute saison métropolitaine : réservez tout.

Combien de jours

  • 7 jours : le tour de l’île en accéléré plus une randonnée. Faisable, frustrant.
  • 10 à 12 jours : la bonne durée. Un cirque, le volcan, deux jours de lagon.
  • 2 à 3 semaines : un tronçon du GR R2, Mafate en profondeur, la côte est.

Base utile : 3 à 4 nuits à Saint-Gilles ou Saint-Leu, 2 nuits à Cilaos, 2 nuits dans l’est, 1 à 2 nuits à Mafate.

Budget

Par personne, hors vol : gîte de montagne 15-25 € (demi-pension 45-55 €), chambre d’hôtes 70-100 € la double, cari 12-16 €, snack 4-8 €. Voiture de location 35-50 € par jour, carburant autour de 1,75 € le litre. Activités : tunnels de lave 50-70 €, sortie baleines 60-80 €, plongée 50-70 €.

Total : 120 à 180 € par jour, plus le vol depuis la métropole (650 à 1 100 €, environ 11 h de vol direct).

Location de voiture : indispensable, deux réserves

Il n’y a pas de train, et les bus desservent mal les Hauts. Réservez deux mois à l’avance en haute saison. Une citadine suffit, le 4×4 est inutile.

Deux points de vigilance : la route de Cilaos (400 virages, à faire le matin avec le plein) et les stations-service, rares sur la côte est et sur la route du volcan – faites le plein à Bourg-Murat ou à Saint-Pierre. Évitez aussi de rouler de nuit dans les Hauts.

Sécurité : ce qui compte vraiment

  • Vols dans les voitures aux départs de sentier (Pas de Bellecombe, Maïdo, Col des Bœufs). Ne laissez rien de visible.
  • Baignade : hors lagon, respectez les arrêtés préfectoraux liés au risque requin.
  • Montagne : dites votre itinéraire, partez tôt, prenez une couverture de survie.
  • Cyclones : suivez Météo-France La Réunion. Vigilance orange, on reste chez soi.
  • Volcan : l’accès à l’Enclos ferme en alerte éruption. Vérifiez avant de monter.

FAQ – Questions fréquentes

Que faire à La Réunion en 7 jours ?

Le tour de l’île en 3 jours, une journée volcan, un cirque (Salazie ou Cilaos) et deux jours de lagon à l’ouest. C’est dense, mais ça donne un aperçu honnête.

Quelle est la meilleure période pour aller à La Réunion ?

Mai, octobre et novembre. Saison sèche, températures douces, sentiers praticables et foule limitée. Évitez janvier à mars si vous redoutez les cyclones.

Peut-on voir le Piton de la Fournaise en éruption ?

Oui, si l’accès à l’Enclos reste ouvert – ce qui est rarement le cas en pleine éruption. Les images les plus spectaculaires viennent souvent de la côte est, depuis la Route des Laves.

Faut-il une voiture à La Réunion ?

Oui. Sans voiture, vous êtes bloqué à Saint-Denis ou sur la côte ouest, et les cirques deviennent inaccessibles.

Peut-on se baigner partout à La Réunion ?

Non. La baignade est interdite hors des zones autorisées sur une grande partie de la côte ouest et sud. Lagon, zones surveillées, ou rien.

Combien de temps passer à Mafate ?

Au minimum une nuit, idéalement deux, pour faire La Nouvelle puis Marla sans marcher douze heures par jour.

Quel budget pour 10 jours à La Réunion ?

Comptez 1 200 à 1 800 € par personne sur place, plus le vol. Les postes qui pèsent : la voiture et les activités, pas la nourriture.

La Réunion en famille, c’est possible ?

Oui, en évitant le volcan et les grosses randonnées : lagon de l’Ermitage, Kélonia, tunnels de lave à partir de 5-6 ans, et les jardins de l’est.

Sources utiles

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